Babillage et autisme sont régulièrement associés. Cette association suscite des inquiétudes auprès des parents dont les enfants ne babillent pas encore. Cependant, nous savons que chaque enfant évolue à son propre rythme, un retard de babillage n’est donc pas toujours synonyme de trouble. Le babillage demeure une étape clé dans le développement du langage, aussi, il est important de savoir quand il faut se préoccuper d’un retard. Voilà pourquoi dans cet article, vous saurez tout : à quel âge apparaît le babillage, son rôle dans le langage et quand une consultation est à envisager. Bref, vous deviendrez incollable sur les liens entre babillage et autisme chez l’enfant !

Le babillage, une étape clé du développement

Babillage : définition

Avant de comprendre le rapport entre babillage et autisme, démarrons avec la définition du babillage du bébé et son rôle dans la communication.

Définition

Le babillage correspond aux premières vocalisations structurées des bébés. Ces sons se complexifient et se distinguent des gazouillis des premières semaines. Le babillage se rapproche ainsi progressivement des syllabes du langage parlé. Cette période est appelée période linguistique parce que le nourrisson n’émet pas encore de mot.

Le babillage évolue progressivement selon plusieurs étapes de développement :

  • De 0 à 3 mois : L’enfant produit principalement des pleurs et des gazouillis, ce qui reflète des vocalisations réflexes. Il explore son appareil vocal, mais ces sons ne sont pas encore des tentatives de communication active. 
  • De 3 à 6 mois : Il commence à émettre des sons plus variés, comme des rires et des vocalisations de confort, en réponse à l’interaction sociale avec ses parents. Ces sons sont une première forme de communication sociale.
  • De 6 à 10 mois : C’est le début des syllabes répétitives, comme « ba-ba », « da-da », « ma-ma ». Ces séquences de consonnes et voyelles sont des tentatives d’exploration de l’articulation et de la rythmicité du langage. Ce type de babillage est fondamental, car il permet à l’enfant de se familiariser avec les bases phonétiques et rythmiques du langage. En fonction de l’environnement linguistique dans lequel l’enfant évolue, certains sons spécifiques peuvent prédominer.
  • De 10 à 12 mois : Le babillage devient plus complexe. L’enfant commence à combiner différentes syllabes et à produire des séquences plus variées, comme « ba-da-ga » ou « da-ba-ma ». Cette phase reflète une exploration plus avancée des structures phonologiques du langage et un début d’organisation des sons selon des modèles plus proches de ceux des mots réels. C’est également une période où l’enfant imite les intonations et les mélodies des conversations qu’il entend, marquant un début d’interaction communicative.

Le rôle du babillage dans la communication et le langage

Le babillage n’est donc pas seulement des sons mignons de bébé, il représente la base du langage. Des études ont même montré qu’il est une étape indispensable au développement de la parole.

En effet, il : 

  • aide bébé à expérimenter des sons et l’entraîne à articuler ;
  • lui permet d’identifier certaines sonorités de sa langue maternelle en écoutant la réaction des adultes ;
  • renforce les interactions sociales, puisque bébé va « discuter » avec ses proches en répondant à des intonations, répétant des sons, mais aussi en attendant une réaction de l’autre.

D’ailleurs, les enfants qui babillent tôt ont tendance à développer une meilleure acquisition du langage plus tard !

À chacun son rythme !

Rappelez-vous que les bébés évoluent à leur propre rythme, et non en se basant sur un tableau d’évolution. Ainsi, certains commenceront à babiller dès l’âge de 6 mois, quand d’autres babilleront plutôt vers 9-10 mois. Il n’y a aucune inquiétude à avoir.

Un retard de babillage ne signifie pas nécessairement le signe d’un trouble. 

En revanche, il existe bien un rapport entre babillage et autisme, et nous allons voir les alertes ensemble.

Babillage et autisme : comment repérer un retard ?

Babillage et autisme : les signes d'alerte

Comme nous l’avons vu précédemment, le babillage évolue en suivant un calendrier plus ou moins prévisible. 

Un retard n’est pas toujours un problème, sauf si vous remarquez que votre bébé : 

  • ne babille pas du tout après 10-12 mois ;
  • ne répond pas en vocalisant à l’adulte ;
  • montre peu d’intérêt pour les interactions sonores (ne tourne pas la tête ou ne répond pas par un sourire à certains sons) ; 
  • n’essaye pas d’imiter les sons ou de varier ses intonations.

Dans ce cas, ces signes peuvent être liés à des problèmes auditifs, des difficultés neurologiques ou encore à un trouble du neurodéveloppement.

Vous avez un doute ? N’hésitez pas à consulter un professionnel (pédiatre ou orthophoniste par exemple). 

Un examen précoce permettra d’évaluer l’audition de l’enfant (s’il n’entend pas ou mal, il y aura retard de babillage) ou de déceler un trouble. Il sera alors possible de mettre en place des actions adaptées à votre enfant.

Absence de babillage et autisme : quel lien ?

Lien entre babillage et autisme

De nombreux travaux ont montré que les enfants autistes imitent moins les sons et ne cherchent pas à entrer en interaction vocale avec les autres.

Par exemple, une étude de 2011 a analysé les troubles précoces du contact social chez les nourrissons avec autisme. Elle a ainsi observé que leur babillage était “monotone, sans entrain ni inflexion conversationnelle”.

Il y a donc bien un lien entre absence de babillage et autisme, mais il ne suffit pas pour diagnostiquer un Trouble du Spectre Autistique (TSA).

En effet, un bébé qui ne babille pas n’est pas forcément autiste. En revanche, il y a des signes associés qui peuvent être révélateurs, tels que : 

  • l’absence ou la rareté de contact visuel avec les adultes ;
  • des réactions inhabituelles aux simulations sonores (hyper ou hyposensibilité aux bruits) ;
  • l’absence de gestes communicatifs (pointer du doigt ou lever les bras pour être porté) ;
  • faible intérêt pour les interactions sociales.

Si vous notez un ou plusieurs de ces signes, nous vous recommandons vivement de consulter un spécialiste (ORL pour un bilan auditif d’abord, puis un neuropédiatre ou une orthophoniste).

Le mot de la fin

Vous venez de découvrir le lien entre absence et babillage et autisme. Si votre enfant ne babille pas ou peu après 12 mois, il est normal de se poser des questions, et d’investiguer sans pour autant paniquer ! Chaque enfant évolue à son propre rythme, et un retard de babillage ne signifie pas forcément un trouble du neurodéveloppement. L’essentiel est de consulter un professionnel pour un avis éclairé et une intervention précoce.

En attendant, encouragez votre tout-petit en lui parlant souvent, en imitant ses vocalises et en partageant des moments interactifs !

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